Une Rencontre Inattendue
- Gustarock Galasy
- 23 nov. 2024
- 5 min de lecture
La nuit était fascinante, je contemplais un ensemble d'étoiles filantes depuis la plage en profitant de toute la solitude de cet environnement et soudain, au loin, j'ai vu quelqu'un bouger en s'approchant rapidement d'une chose qui descendait du ciel, il semblait très déterminé à atteindre cet objet volant qui avait l'air de planer comme un oiseau de grande envergure. Impossible de prédire d'où s'élevait cet air qui défiait la physique pour pousser ce truc directement vers moi. Étonnement, quand il s'est arrêté juste à côté de moi, j'ai pu me rendre compte soulagée, qu'il s'agissait de sa serviette. L'étrange individu s'est adressé à moi en demandant si j'en lui donnerais. J'ai été choquée par son expression et même avec toute ma confusion, j'ai tout simplement acquiescé et ce faisant, nous nous sommes touchés les mains. Avec un sourire sur la bouche, et des dents luisants en se détachant de la pénombre, il a simplement lancé —Merci pour la serviette—. Il ne semblait pas prêt à dire autre chose, mais contrairement à ce que j'avais prédit, il m'a soudainement et sans raisonnement demandé s'il pouvait voir les étoiles avec moi pour que je sois moins seule. Bien que je ne soyais pas sûre de ce qu'il allait faire, son sourire m'a fait oublier les étoiles... Il s'est assis sans connaître la réponse, espérant que je dirais oui.
Je ne pouvais pas assimiler ce qu'il venait d'arriver, alors je lui ai interpellé la raison d'être matérialisé juste dans le coin le plus ennuyeux de toute la plage, et lui, adoptant un sourire coquette, s'est mis à répondre très lentement —Je me suis limité à suivre les ordres de ton regard—. J'ai tenu bien à le regarder et au bout d'un moment j'ai pu remarquer un léger sourire trop naïf sur mes lèvres car je trouvais ce ton avec lequel il me parlait assez inhabituel. Il s'est consacré à regarder le ciel comme si quelque chose l'intéressait excessivement. Je lui ai demandé ce qu'il voyait de si extraordinaire et il pointé quelque part en disant —On ne le trouve que dans ce coin-ci—, je me demandais qu'est-ce-que cela voulait dire, pourquoi cet endroit, mille questions envahissait ma tête lorsqu'il m'a interrompu —Parce qu'y en a moins d'étoiles ici—, rien n'était clair dans ses mots et je ne pouvais que formuler des phrases qui défendaient toutes les étoiles sans distinction, on ne pouvait pas apprécier les différences à une telle distance, puis il lançait des solemnes improvisations —La beauté est quantifiable, la beauté d'une étoile se trouve dans sa solitude—.
En écoutant cela, j'ai été soudainement surprise et j'ai parlé sans le vouloir —C'est la raison pour laquelle je suis là—, lâchais-je tout à coup et il continuait ma phrase synchronisé —Et pour quelle raison avait-vous accepté ma compagnie ?—, à ce que j'ai lancé sans rien attendre —Vous ne m'avez pas laissé le bénéfice de vous dire quoi que ce soit— et comme d'un coup il répondait —Je me suis laissé emporter par vos yeux curieux pleins de tendresse—, j'ai rougi et n'ai pu qu'extérioriser de manière rhétorique des choses incohérentes —Tu ne me connais pas !— et après goûter le silence absolut, comme s'il avait changé de sujet, il calmement laissait résonner chacun de ses mots en disant —J'ai un sixième sens envers tous ceux qui m'approchent—.
En entendant ce ton, j'ai seulement pu m'orienter dans son contexte et entrer pleinement dans son domaine, je lui ai demandé —Quel genre de personne suis-je—, ce à quoi il répondit reliant brièvement tous les mots —Vous êtes une personne peu sûre de vos capacités, car lorsque je me suis assis, sachant à quel point vous êtes autonome, vous vous êtes laissé emporter par les doutes et vous m'avez permis de faire ce que je voulais dès le premier instant sans vous remettre en question... En tout cas, vous m’avez vu plus disposé que vous à contrôler la situation—. Involontairement, je suis allé à l'encontre de ses déductions parce que je ne savais toujours pas si je voulais être avec lui assis à côté de moi, des idées fortuites m'ont assailli, peut-être qu'il soit le garçon destiné à moi, va savoir si le destin nous a réunis, je n'arrivais pas à me sortir ces idées de la tête et je n'ai pas réalisé que mon visage avait changé quand j'y pensais, alors le garçon a commencé à me regarder d'une manière trop fixe et m'a demandé ce qui m'avait vraiment amené là.
Je lui ai dit que je cherchais juste un peu de calme, que mes colocataires avaient commencé à se disputer et que j'avais besoin de sortir de là pour m'éloigner de tout ce bruit, quand il m'a coupé la parole sarcastique —Vous choisissez plutôt le bruit plus qu'interminable des vagues—, j'ai rendue l'ironie à sa mesure —ce bruit que tu dis me détend sans doute, par contre... vous, qu'est-ce qui vous amène ici ?— Après un bref silence, il répondit lentement —J'ai perdu mon meilleur ami et je pensais que je ne me sentirais jamais complet en présence de quelqu'un, c'est pourquoi je me suis éloigné de tout—. Je lui ai immédiatement fait un clin d'œil pour enchaîner mon coup de voix le plus tendre —Eh bien, tu ne m'as pas échappé—. Donc il reprenait incrédule —Parce que te voir là, esseulée, rendait mes problèmes moins importants.
Je me fichais de ce qu'il disait, je ne pensais qu'à sa perte et à ce qui pouvait l'amener à révéler cette information d'une manière aussi abrupte et pleine de sincérité. Innocemment, j'ai fini par le serrer dans mes bras, et sans beaucoup repérer, j'ai eu l'impression que le garçon s'est mis à pleurer dans les bras d'une inconnue. Ça devenait évident lorsqu'il m'a lâché en essayant de cacher toute cette sensibilité inattendue. Conscient que je cachais mon regard, il a pensé que son histoire m'avait affecté alors qu'en réalité cet acte m'a éblouis l'esprit. Par la façon dont il exprimait ses sentiments, et compte tenu du fait qu'aucun homme n'a jamais pleuré dans mes bras, je ne pouvais pas croire mes yeux, moi qui n'avait jamais ressenti rien de tel pour aucun étranger. Alors il balance la blague —Ne t'inquiète pas, mon ami était un ruffian barbare— en essayant d'éviter que je me rends triste. J'en avais marre déjà de sa gentillesse alors ma voix prenait de nuances imposantes —Malgré tout cela, il valait la peine d'être ici à ce moment précis—. Il semblait confus en me demandant si j'aimais les histoires tristes, alors j'ai révélé que c'était plutôt le plus beau geste que j'aie jamais vu, et que ce soir je ne m'attendais pas à ce que ma solitude se transforme en cela... quoi que cela signifie.
Même s'il semblait très absous dans son malheur, il a commencé à sourire, jusqu'à ce qu'il m'a rassurée —En réalité, ce qui me terrifiait le plus n'était pas mon ami sinon... la possibilité de trouver ce que, dans ma tristesse, j'étais venu chercher sur cette plage—, la solitude pour laquelle je me sentais également attirée —Cela me fit comprendre que la meilleure chose que j'avais pu trouver cette nuit, serait sans la moindre doute le plaisir que votre compagnie attribue à cet endroit—. Je ne me suis pas retenu et, sous le prétexte de ses angoisses, je l'ai encore serré dans mes bras, mais cette fois-ci avec trop de contact. Sans presque remarquer la proximité de nos lèvres, j'ai réussi à le supporter par quelques secondes, mais involontairement, je prenais conscience que nous nous rapprochions de plus en plus. Quand j'étais absolument certaine qu'il n'y avait pas de retour en arrière il m'a lâché et il s'est excusé, puis en rattrapant sa serviette il m'adresse un au revoir utilisant la phrase qui m'indigne au-delà de tout supplice
—Seulement quand tout semble perdu l'extraordinaire revient à la vue—.


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